
Mal des transports : comprendre ce qui se passe vraiment dans ton cerveau
Les longues routes sont devenues pénibles? Vous évitez les promenades en bateau l’été ou votre enfant se sent mal dès qu’il ouvre un livre en voiture? Le mal des transports touche beaucoup de personnes… et pourtant, on en parle encore très peu. Que ce soit en voiture, en bateau, en avion ou même dans certains manèges, cette sensation de malaise peut rapidement transformer une activité agréable en véritable défi. Nausées, étourdissements, fatigue : les symptômes varient d’une personne à l’autre, mais l’inconfort, lui, est bien réel.
L’explication est pourtant relativement simple : il s’agit d’un conflit entre différents systèmes du corps.
Confusion des systèmes
Le cerveau s’appuie normalement sur trois systèmes qui travaillent ensemble : le système visuel, le système vestibulaire (équilibre) et la proprioception (perception du corps). Lorsque ces informations concordent, tout est bien régulé. En transport, ce n’est plus le cas. Par exemple, en voiture, les yeux perçoivent le mouvement du décor, mais le corps reste immobile. Le cerveau reçoit alors des informations contradictoires… et ne comprend plus ce qui se passe.
Cette incohérence est interprétée comme une menace potentielle. D’un point de vue évolutif, le cerveau a appris à associer ce type de confusion à une possible intoxication, comme si quelque chose perturbait son fonctionnement après l’ingestion d’une substance toxique. À l’époque, ce signal pouvait vouloir dire : “il y a un danger dans le corps.” Par mesure de protection, il déclenche alors une réponse automatique : nausée, malaise, parfois même vomissements, dans le but d’éliminer ce qu’il perçoit comme une menace. Même s’il n’y a aucun poison réel dans le cas du mal des transports, ce mécanisme de survie est toujours présent aujourd’hui. Comme il provient de régions très primitives du cerveau, il est complètement involontaire et difficile à contrôler, même lorsqu’on comprend la situation.
Pourquoi c’est pire après une commotion cérébrale?
Après une commotion cérébrale, ce phénomène est souvent amplifié. Le cerveau devient temporairement moins efficace pour traiter et intégrer les informations sensorielles. Les systèmes de la vision, de l’équilibre et de la perception du corps sont moins bien synchronisés, ce qui augmente les conflits entre les signaux.
En plus, le cerveau est en phase de récupération : il demande plus d’énergie tout en étant plus sensible à la stimulation. Résultat, des situations normalement tolérables, comme être passager en voiture, peuvent rapidement devenir inconfortables. Les symptômes apparaissent plus vite, sont plus intenses et le seuil de tolérance diminue. Ce n’est donc pas une question de sensibilité, mais bien un cerveau en guérison qui travaille plus fort pour gérer l’information.
Est-ce que ça se travaille?
La bonne nouvelle, c’est que le mal des transports, surtout après une commotion, peut s’améliorer avec des approches ciblées. En neuroperformance, on cherche à réentraîner le cerveau à mieux intégrer les informations sensorielles à l’aide d’exercices progressifs qui stimulent la coordination entre les yeux, la tête et le corps, tout en augmentant la tolérance au mouvement.
En physiothérapie, le travail porte souvent sur le système vestibulaire et oculomoteur afin d’améliorer l’équilibre, la stabilité visuelle et diminuer les étourdissements. L’ostéopathie, de son côté, peut aider à relâcher certaines tensions, notamment au niveau du cou et du crâne, pour favoriser une meilleure mobilité et une intégration plus fluide des informations.
Ces approches complémentaires permettent au cerveau de mieux comprendre le mouvement et d’y réagir plus efficacement. En résumé, ce n’est pas une fatalité : avec le bon encadrement, le cerveau peut s’adapter, récupérer et retrouver un meilleur équilibre.



